La démission légitime pour suivre son conjoint (partenaire de PACS
ou concubin) à l'étranger. |
1.
La réglementation française prévoit
l'indemnisation des personnes qui démissionnent
de leur emploi en France pour suivre leur conjoint ou
concubin ayant trouvé un travail dans un autre
pays.
La démission pour suivre le conjoint expatrié
est un cas de démission légitime qui permet
de bénéficier d'allocations chômage
lors du retour en France. En effet, les dispositions
propres au régime d'assurance chômage français
permettent de préserver les droits à allocations
chômage durant un délai de 4 années
à compter de la date de cessation de l'activité
française du conjoint.
Le
retour et l'inscription comme demandeur d'emploi aux
Assédics et à l'ANPE dont dépend
votre domicile français doivent ainsi impérativement
intervenir dans les 4 ans suivant la fin des fonctions
du conjoint démissionnaire exercées en
France.
Au
retour, plusieurs documents sont à justifier
auprès des Assédics:
Ø Lettre de démission motivée
Ø Documents justifiant de l'activité
du conjoint à l'étranger (contrat de
travail, bulletins de salaire),
Ø Preuve de la résidence commune à
l'étranger.
Attention
!
Il
faut que la date de la démission soit quasiment
concomitante avec la date de départ du conjoint
expatrié: un décalage de moins de un mois
est toléré par les Assédics et
ce, peu importe si le délai de préavis
vous retient en France quelques mois. Au-delà,
les Assédics considèrent que la démission
n'est plus motivée par le départ du conjoint
à l'étranger.
La
meilleure solution est donc de démissionner à
la date du départ du conjoint. Si vous êtes
déjà en congé maternité,
les Assédics acceptent de qualifier de légitime
la démission qui intervient à la fin de
l'arrêt déjà ouvert lors du départ
du conjoint à l'étranger. Cette reconnaissance
s'applique uniquement au congé maternité
et pas au congé sabbatique ni au congé
sans solde car la cause directe de la démission
n'est plus constituée par le départ du
conjoint à l'étranger mais par la fin
du congé sabbatique ou sans solde.
Le
congé parental d'éducation peut être
utilisé comme une alternative au mécanisme
de la démission légitime à condition
que la durée de l'expatriation n'excède
pas 3 années. En effet, le congé parental
suspend le contrat de travail pendant un délai
maximal de 3 ans.
Il
ne faut pas confondre le congé parental d'éducation
avec l'allocation parentale d'éducation qui est
une prestation familiale soumise à conditions.
A l'issue du congé parental d'éducation,
vous retrouvez votre emploi précédent
ou un emploi similaire assorti d'une rémunération
équivalente.
Si
vous démissionnez au terme d'un congé
parental, vous ne pouvez pas bénéficier
du mécanisme avantageux de la démission
légitime. Sauf si le départ du conjoint
a été entrepris alors que le congé
parental était déjà ouvert.
2.
Pour les pays de L'Union européenne, le Liechtenstein,
l'Islande, la Norvège et la Suisse
En
cas de reprise d'activité du conjoint démissionnaire
dans l'un de ces pays précités, vous pourrez
bénéficier d'une allocation chômage
locale. En effet, le règlement social communautaire
prévoit l'indemnisation du chômage par
le pays de résidence, des personnes ayant perdu
leur emploi au sein d'un autre Etat membre. L'institution
de chômage étrangère, lors de l'ouverture
de vos droits, tiendra compte des périodes d'emploi
exercées en France et qui sont indiquées
sur le formulaire E 301.
Aussi,
avant votre départ, n'oubliez pas de demander
à la Direction Départementale du Travail
et de l'Emploi (DDTEFP) du lieu du siège de l'entreprise
que vous quittez, de remplir le formulaire E 301 et
renseignez-vous auprès de l'institution de chômage
du pays d'accueil.
Le
conjoint démissionnaire peut être indemnisé
pendant 3 mois maximum si avant son départ, vous
vous êtes ouvert des droits à allocation
chômage en France. Pour se faire, il faut s'inscrire
comme demandeur d'emploi à les Assédics
avant le départ et avoir transmis à cette
dernière les pièces justificatives de
la qualité de conjoint et du motif professionnel
à l'origine du transfert de résidence
dans un autre Etat européen. Avant de partir,
les Assédics doivent remplir le formulaire E
303 pour le transfert des droits.
Attention
!
Cette
règle n'est pas applicable à l'épouse
qui démissionne de son emploi pour suivre son
conjoint qui effectue son service national dans un pays
européen dans le cadre d'accords de coopération
entre pays.