Le premier mariage
homosexuel français annulé
19 avril 2005
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La Cour d'appel de Bordeaux a annulé, mardi 19
avril 2005, le mariage homosexuel célébré
le 5 juin par le député-maire de Bègles,
Noël Mamère. Les deux époux, Bertrand
Charpentier, 31 ans, et Stéphane Chapin, 34 ans,
ont aussitôt annoncé qu'ils allaient se
pourvoir en cassation et qu'ils étaient prêts
à aller, si nécessaire, jusqu'à
la Cour européenne des droits de l'homme.
La
Cour d’appel a ainsi confirmé le jugement
du TGI (TGI Bordeaux, 27 juillet 2004) qui déclarait
nul le mariage de deux personnes du même sexe
au motif principalement que la "différence
de sexe constitue endroit interne français une
condition de l’existence du mariage."
Les requérants se fondaient sur les articles
8, 12 et 14 de la Convention européenne de sauvegarde
des droits de l’homme et des libertés fondamentales
pour estimer que "l’accès au mariage
fait partie intégrante de la vie privée
et familiale et qu’il ne leur apparaît
pas nécessaire, dans une société
démocratique, de restreindre le mariage à
la seule union de deux personnes de sexe différent,
sans porter atteinte de façon discriminatoire
et disproportionnée au droit à une vie
privée et familiale et à la substance
même de ce droit: la liberté matrimoniale
des homosexuels garantie par les articles 8, 12 et 14
C.E.D.H."
La Cour d’appel rejette leur argumentation au
motif qu’elle "ne découvre dans
les textes fondamentaux européens et dans la
jurisprudence européenne aucune contradiction
avec la législation française interne
relative au mariage, laquelle ne concerne que des personnes
de sexe différent."
Elle aboutit à la même conclusion que le
TGI : "le mariage est une institution visant
à l’union de deux personnes de sexe différent,
leur permettant de fonder une famille appelée
légitime. La notion sexuée de mari et
femme est l’écho de la notion sexuée
de père et mère."
Dans son arrêt, la cour fait notamment référence
à l'article 75 du code civil qui précise
que l'officier d'état civil chargé de
célébrer le mariage "recevra
de chaque partie, l'une après l'autre, la déclaration
qu'elles veulent se prendre pour mari et femme".
"Sans équivoque possible, le code civil
impose (..) de recueillir la déclaration de deux
personnes de sexe différent", soulignent
les juges.
Les juges rappellent aussi que la Convention européenne
des droits de l'homme garantit que "l'homme
et la femme ont le droit de se marier et de fonder une
famille selon les lois nationales régissant l'exercice
de ce droit", ce qui, selon eux, "n'impose
pas que le mariage de deux personnes du même sexe
doive être accepté". Après
13 pages d'analyse des textes, la cour estime en conclusion
que "la célébration organisée
le 5 juin 2004 devant l'officier d'état civil
de Bègles ne peut être considérée
comme un mariage".